La Crise au Royaume-Uni
Crise politique au Royaume-Uni : le pays le plus stable d’Occident vacille sur ses bases
C’est au tour du Royaume-Uni, durant des siècles le pays le plus stable d’Occident, de vaciller aujourd’hui sur ses bases. Certes, le phénomène n’est pas isolé parmi l’ensemble des pays occidentaux, mais il rejoint à présent le niveau des pays les plus malades, Etats-Unis, France, Belgique et dans une moindre mesure l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède. Voyons cela.
Au-delà du Brexit : les vraies origines de la déstabilisation britannique
Contrairement à une opinion fort répandue, qui doit plus au discours politico-médiatique qu’à une analyse objective, ce n’est pas le Brexit qui est à l’origine de cette crise ; d’ailleurs notons que les dernières élections britanniques, loin de désapprouver les Brexiters, les ont au contraire préférés aux partis traditionnels. Ces partis traditionnels étaient, depuis plusieurs siècles, les Tories, parti conservateur, et le Labour, le parti travailliste qui sous l’influence tamisée – c’est le cas de le dire – de la Révolution russe, a dépassé le parti libéral durant l’entre-deux guerres. Le Royaume-Uni se distinguait des autres Etats européens par sa remarquable stabilité, sans équivalent sinon peut-être les Pays-Bas, mais sans avoir souffert d’aucune invasion ni occupation : pour tout dire, il n’a pas perdu de guerre depuis celle remportée contre lui par Louis XVI à l’occasion de l’indépendance américaine.
Déclin militaire britannique : quand le Royaume-Uni renonce à sa puissance navale
Aujourd’hui, le monde constate avec étonnement qu’il a renoncé à sa marine, grâce à laquelle il a si longtemps dominé le monde : au moment de l’attaque de l’Iran islamique contre ses bases de Chypre, il a eu toutes les difficultés à armer un croiseur, qui est tombé en panne avant d’arriver sur l’île. On devine que la marine française, dépassée par sa rivale depuis la chute de Louis XVI, ricane sous le pompon rouge. Quant à son armée en général, bien qu’ayant poussé l’Ukraine à combattre la Russie, l’Angleterre serait incapable de fournir le moindre effort, sinon par l’excellence de ses commandos ou de ses conseillers militaires ; mais cela ne fait pas une défense nationale.
Effondrement des Tories et du Labour : la fin du bipartisme britannique
Les partis traditionnels s’effondrent sous le poids des revendications populaires, motivées à droite par le sentiment d’une menace existentielle pesant sur l’identité nationale, tandis que la gauche, comme en France, se fait annexer par une extrême-gauche, les Verts, qui sont l’équivalent des Mélenchonistes en France.
Reform UK, Verts, indépendantistes : la recomposition du paysage politique britannique
Mais encore une fois, si la métamorphose dans le paysage politique français est spectaculaire, laissant réapparaitre, en quelque sorte, les trois ordres d’Ancien régime, du moins leurs caricatures, le Tiers opposé à l’alliance entre la Noblesse et le Clergé, elle est beaucoup plus surprenante au Royaume-Uni où, en principe, le mode de scrutin à un seul tour était supposé empêcher la multiplication des partis. Dans la mesure où tout est joué à une majorité relative qui suffit pour prendre les rênes du gouvernement, il n’y avait pas de place pour les nuances, il était impossible de se faire entendre ailleurs que sur l’éventail des Tories ou du Labour, fût-ce à une aile droite ou gauche dans chacun de ces deux partis. Pourtant, l’impensable s’est produit : l’éclatement des structures et la réorganisation du paysage politique, avec l’apparition des Verts à gauche, et du parti Reform UK de Nigel Farage à droite.
Deux projets de civilisation, indépendantismes et crise de la Couronne
Cette réorganisation porte une querelle entre deux projets de civilisation, rien de moins. On n’envie pas la Couronne, otage de ces deux courants qui pourraient tour à tour lui reprocher de ne pas pencher en leur faveur, comme nos Monarchomaques au temps de nos guerres de religions ; tandis que les partis indépendantistes, donc eux aussi identitaires, écossais et désormais gallois, ont le vent en poupe, dans une population globale où tous ne sont pas des Anglais.
Sources :
- https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/elections-locales-au-royaume-uni-keir-starmer-et-les-travaillistes-perdent-gros-la-droite-radicale-realise-une-percee-historique/
- https://www.lesechos.fr/monde/europe/elections-au-royaume-uni-la-deroute-electorale-attendue-se-profile-pour-les-travaillistes-de-keir-starmer-2230757
- https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/les-elections-du-7-mai-2026-en-grande-bretagne.html
- https://abp.bzh/victorieux-a-nouveau-en-cosse-le-snp-relance-lidee-dun-referendum-dindependance-en-2028-75618https://www.nhu.bzh/elections-2026-pays-de-galles/




