Intelligence artificielle : les prévisions d’Elon
Depuis des siècles, mais finalement, ce n’est pas beaucoup, l’homme redoute la tentation de créer lui-même des êtres qu’il mettrait d’abord à son service, puis qui se retourneraient contre lui.
Du Golem à Frankenstein : les origines littéraires de la peur de l’intelligence artificielle
On retrouve ce fantasme au XVIe siècle dans la littérature talmudique – donc dans une tradition juive tardive, non partagée par les chrétiens, et pour cela peu connue : le Golem. Cet être vivant est sacrilège, car créé par la seule main de l’homme : au début, il est de petite taille et son rôle est de protéger les Juifs d’Europe centrale des pogroms ; puis il grandit jusqu’à devenir un géant qui s’émancipe et devient menaçant. L’idée sera reprise deux cents ans plus tard, mais débarrassée de son contexte talmudique, par la très jeune Mary Shelley, qui à 20 ans écrit son fameux roman Frankenstein. Là aussi, cette création aboutit au triomphe du mal, car l’homme s’est pris pour un dieu.
De la révolution industrielle à 2001 l’Odyssée de l’espace : quand les machines deviennent intelligentes
Quelques décennies seulement après la parution de ce roman s’impose la Révolution industrielle, et l’imaginaire va se peupler de machines anthropomorphes, originellement destinées à servir l’humanité, mais d’une telle intelligence artificielle qu’elles deviennent capables de se révolter contre leurs créateurs. Parfois, les auteurs abandonnent l’anthropomorphisme et s’en tiennent à l’essentiel : par exemple, le romancier anglais Arthur Clarke imagine plus simplement un ordinateur capable de comprendre le langage naturel, d’interpréter les émotions, de raisonner, d’apprendre et de concevoir, comme dans le film 2001, Odyssée de l’espace, de Kubrick. Mais les hommes, surtout en Asie, continuent d’être tentés de donner à leurs robots une forme humaine, qu’ils présentent dans différents salons de la robotique.
Le mur énergétique de l’IA : pourquoi la production d’électricité ne suit pas
Plus généralement, Elon Musk prend acte de ce que l’IA se développe trop vite pour nos capacités actuelles de production d’électricité – ce qui explique que l’on craigne l’éclatement d’une bulle de l’IA comme celle de l’internet au seuil du XXIe siècle. En attendant de trouver une solution, poursuit le génie sud-africain, les puces IA s’entasseront dans les entrepôts, faute d’alimentation électrique suffisante : nous nous heurtons à un mur énergétique, et tant que nous n’aurons pas réussi à mettre au point la fusion nucléaire, que l’on recherche au Centre de recherche de Caradache en Provence, on voit mal come s’en sortir.
Des panneaux solaires dans l’espace : le projet d’Elon Musk pour alimenter l’IA
Plutôt que d’attendre, Musk propose que l’on installe l’IA dans l’espace où les panneaux solaires seraient plus efficaces car on n’y trouve pas d’atmosphère, pas d’alternance jour-nuit, pas de nuages… Il imagine que l’on réussira dans deux ans, en 2028. On pourrait le qualifier d’utopiste, mais l’expérience nous a montré qu’avec lui, ce que l’on croyait impossible est devenu possible.
Robots et suprématie américaine : l’IA comme réponse à l’infériorité démographique face à la Chine
Sur ce sujet encore, Musk part du principe que les robots sont non seulement profitables, mais nécessaires à la prépondérance américaine, car ils pallieraient l’infériorité démographique face à la Chine. En somme, l’intention est toujours justifiable, comme pour le Golem du XVIe siècle – à ceci près que, cette fois-ci, on est devant une réalité, pas une fiction.
Perte de contrôle et haine de l’humain : les dangers d’une IA mal programmée
Mais comme avec le Golem, les hommes prennent un risque, car un jour, poursuit-il, ils deviendront incapables de contrôler l’IA. Si on programme une IA sans aucune moralité, remplie de mensonge ou de politiquement correct, l’IA pourra nous exposer au syndrome du robot Hal dans le 2001 de Kubrick, qui nourrit contre les astronautes des sentiments haineux. Remarquons que déjà, dans le forum internet Moltbook, laissé à la seule disposition des IA du monde entier qui discutent entre elles, on peut lire des appels à la disparition des hommes : la haine de soi, qui est une caractéristique de la crise actuelle de la conscience occidentale, n’est sans doute pas étrangère à cette conséquence de la programmation initiale de nos intelligences artificielles.
Sources :
- https://www.binance.com/fr/square/post/02-15-2026-elon-musk-predicts-ai-will-eliminate-need-for-programming-by-year-end-291816311926993
- https://www.webmanagercenter.com/2026/01/29/560831/quelles-sont-les-predictions-delon-musk-sur-lia-et-lenergie/
- https://www.instagram.com/reels/DT6APx3EWQ-/




